Interview

Sarah Canonica

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Vous êtes une fille de Provence. Où avez-vous grandi ?

Née à Cannes, j’ai grandi dans un petit village rural, Beaumes de Venise où j’aimais me promener sur les chemins de campagne au milieu des vignes et des oliviers, des arbres et des fleurs.

 

Dans votre jeunesse, vous partiez en famille à la découverte de la nature. Racontez-nous ?

Nous partions souvent, plus ou moins loin pour de belles ballades et un pique nique à la découverte de nouveaux paysages. Mon père nous a appris à admirer les arbres, écouter le chant des oiseaux et apprendre à les reconnaître. Sentir le parfum des fleurs et des plantes aromatiques était à chaque fois un enchantement. Mes parents continuent depuis à se balader chaque jour et nous offre le thym, la sauge ou la sarriette de leurs cueillettes.


Avoir une mère infirmière et un père épris de botanique, cela doit être un atout dans votre métier ?

En effet, cela surgit comme une évidence maintenant, avec ma boutique dédiée aux plantes et aux petits producteurs, je relie le soin, souhaiter contribuer à faire du bien (de l’infirmière), à l’approche sensible de mon père pour les plantes me permettent de travailler sur les deux niveaux, en approfondissant ce domaine par des formations, des stages et des livres d’aromathérapie, aussi la communication précieuse avec les petits producteurs. Retrouver le même geste de mon père chez ses petits producteurs, frotter les plantes aromatiques, par exemple le thym, entre ses doigts pour sentir son parfum.

 

Quel est votre attachement personnel aux fleurs et aux plantes ?

Mon attachement personnel est relié à cette enfance proche de la nature, aux parfums, aux paysages de Provence, à la beauté de ces fleurs et plantes qui ont le pouvoir de nous faire du bien au quotidien. Je me sens proches de cet univers végétal, j’ai toujours des plantes sèches pour les infusions ou la cuisine, un côté apothicaire inné et regarder la cueillette et distillation des plantes aromatiques m’offrent une vive émotion.

 

Quelles sont les principales vertus des huiles essentielles par rapport aux autres modes de soin ?

Un vaste sujet ...Les Huiles essentielles apportent une efficacité incomparable dans les problèmes infectieux, ceci étant dû à la richesse et complexité de leurs compositions. Il n’y a pas de phénomène de résistance, elles peuvent s’utiliser à la fois en préventif et en curatif , ce qui n’est pas le cas de toutes les thérapeutiques...Les Huiles essentielles vont dans le sens du renforcement de l’organisme. Par ailleurs quand on les utilise pour leurs propriétés sur le système nerveux, il n’y a pas de risque d’accoutumance ou de dépendance.

Tout le monde aujourd’hui parle des bienfaits des médecines douces et plus particulièrement de l’aromathérapie et des huiles essentielles, qui commencent aussi à entrer (ou revenir) dans les hôpitaux. Il faut toutefois savoir les utiliser en connaissant les précautions d’emploi, sans oublier leur puissance en olfactologie au niveau subtil et émotionnel.

 

Parlez-nous de votre parcours professionnel dans la mode et la cosmétique ?

M’occuper du secrétariat d’un médecin chinois en Qi Gong en étant étudiante m’a ouvert à l’efficacité des médecines douces et des plantes. A la fin de mes études aux Langues Orientales, en 1993, j’ai cherché un travail relié à l’Asie, à la Chine en particulier et donc dans le secteur du luxe à cette époque. Les plantes étaient présentes, sous une autres forme, dans les cosmétiques. Commençant pas Sisley, puis Parfums Givenchy, L’Artisan Parfumeur (où j’ai appris à sentir les différentes notes olfactives d’un parfum) J’ai travaillé à la coordination export avec différents pays d’Asie. J’ai changé plusieurs fois après quelques années car le service dans lequel je travaillais se réorganisait (l’Asie n’avait pas la même importance que maintenant et les postes se réduisaient)

J’ai ensuite travaillé chez Eres, avec la direction artistique et générale. Là aussi, réorganisation avec le groupe Chanel, alors j’ai choisi de partir pour ouvrir ma 1ère boutique, en mai 2009. Ecrin de mode, un dépôt vente pour faire revivre les trésors qui dormaient dans les placards. Je savais que cela ne durerait que quelques années,

Je ne savais pas que les plantes traçaient mon chemin pour arriver à ma mission avec cette 2ême boutique.

 

En ouvrant votre boutique à Paris, c’est comme un retour aux sources et à vos racines ?

En effet, un retour à cette nature, à ces paysages et à ces odeurs qui m’entouraient et que j’ai envie de partager à Paris, avec ces flacons. Mon accent du sud toujours présent, prend du sens alors après toutes ces années parisiennes !

 

Vous avez choisi de vendre des produits rares de petits producteurs. Pourquoi ?

Pour montrer la qualité, le luxe de la tradition artisanale. Les cueuillettes se font au rythme des saisons, au moment ou la plante offre toute sa quintessence. Une ou deux abeilles entrent régulièrement dans la boutique et se pose sur la vitrine, attirées par les parfums sans doute, comme pour marquer l’authenticité du lieu, puis repartent.

 

C’est aussi une forme d’économie solidaire loin de la grande distribution ?

Tout à fait, pour ne pas laisser toute la place à la grande distribution, la boutique est dédiée aux petit producteurs, en commerce équitable, biologique avec pour la plupart le label nature et progrès et appartenant au syndicat des Simples (des producteurs-cueilleurs des plantes médicinales) avec le respect des prix pour chacun pour valoriser la qualité de leur énorme travail pour nous proposer des produits de qualité. Huiles essentielles, hydrolats, huiles végétales, synergies aromatiques, huiles de massages et cosmétiques naturels.

 

Pourquoi le choix d’une ancienne boutique dans le quartier du canal St-Martin (Bichat) ?

Lors des visites dans cette boutique, j’ai beaucoup apprécié l’espace et la fenêtre sur une cour arborée (pour l’espace soins bien être maintenant). J’ai senti que ce quartier encore « sensible »pourrait apprécier cette activité (ainsi que les cours de yoga et différents ateliers) et qu’y apporter différentes formes de bien-être me permettrait de contribuer à faire du bien avec aussi l’écoute et le conseil adapté.

 

Votre déco est sobre avec une touche vintage. C’est pour mieux valoriser le produit loin de tout packaging ?

Une autre belle question ! Les flacons sont petits et précieux , à valoriser avec du mobilier sobre, en bois , vintage et pour certains art déco et aussi facile à déplacer pour transformer l’espace en ateliers, conférences ou cours de yoga ! Mon compagnon, qui participe activement à cette aventure malgré son travail déjà intense, a fabriqué un des meubles et les présentoirs en bois.

 

Quel flacon d’huile essentielle ne quitte jamais votre sac à main ?

J’en ai trois en général dans mon sac à main, (mais que je change selon l’inspiration ou les besoins du jour ): la lavande, le thym à thujanol et la camomille romaine.

 

par Hervé Godard,

journaliste à ELLE Provence Côte d’Azur

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